Carte blanche du Comité BDS-ULB

Oui au boycott, non au monologue

Oui au boycott, non au monologue

La carte blanche de l’Union des Étudiants Juifs de Belgique s’apparente plus à un
procès d’intention qu’à une quelconque tentative de dialogue, répond le comité BDS-ULB.

Pour qu’un « dialogue » aboutisse sur une prétendue paix durable, encore faudrait-il que le gouvernement israélien reconnaisse le droit indéniable à l’autodétermination des Palestiniens et plus largement, qu’il soutienne leurs trois droits fondamentaux qui constituent les conditions minimales nécessaires pour une paix juste, à savoir : le droit au retour des réfugiés palestiniens, l’égalité entre Israéliens et Palestiniens, et la fin de l’occupation et du régime colonial. Tant que ces conditions ne seront pas remplies, « dialogue » sera synonyme de « monologue », en ce sens qu’il s’agira d’imposer au peuple palestinien sa condition d’opprimé, de le condamner à accepter de vivre sous apartheid et à renoncer à toute forme de résistance face à l’éviction.

Une fois de plus, la carte blanche du 29 février 2016 écrite par l’UEJB et publiée par Le Soir a réitéré l’inépuisable argumentation consistant à assimiler la critique de la politique colonialiste de l’Etat d’Israël à de l’antisémitisme. Bien que l’usage de cet amalgame – arme favorite des défenseurs de la politique raciste et criminelle de l’Etat israélien – soit récurrent, nous refusons de nous y habituer et continuons de nous défendre de cette accusation portant gravement atteinte à nos principes, la lutte contre toute forme de racisme étant au centre de notre combat.

Face au succès indéniable et à la légitimité grandissante du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions – désormais reconnu par une grande partie de la communauté internationale comme ultime solution pour mettre Israël face à ses responsabilités – cette carte blanche est une énième et infatigable tentative de nous intimider et de nous décrédibiliser.

Pour rappel, ancré dans une longue tradition de résistance populaire non-violente, l’appel BDS a été lancé en 2005 par la société civile palestinienne et s’inspire directement du succès indiscutable du boycott de l’apartheid en Afrique du Sud.

Définir « la haine [comme étant notre] activité essentielle » est diffamatoire, extrêmement violent et absolument insoutenable. C’est à partir des Principes Universels des Droits Humains et du Droit International que le BDS dénonce la discrimination raciale et l’oppression systématique du peuple palestinien, deux pratiques racistes au coeur-même de la définition juridique du crime d’apartheid.

Qui plus est, nous réfutons toute accusation de soutien envers la résistance armée du Hamas, les militants du BDS ayant pris position en faveur d’une forme de résistance intrinsèquement pacifique.

Comment les auteurs peuvent-ils dire « oui au dialogue » sans même en parler ? Leur carte blanche s’apparente plus à un procès d’intention qu’à une quelconque tentative de dialogue. Comment envisagent-ils ce dialogue s’ils n’osent même pas nommer le peuple palestinien ?

En vertu de notre Libre Examen et parce que la solidarité est notre arme, l’Israeli Apartheid Week qui se déroule à l’ULB du 2 au 7 mars est l’occasion pour le Comité BDS-ULB de dénoncer une nouvelle fois le système d’apartheid israélien et de montrer que nous n’acceptons ni les pressions des autorités de l’ULB ni l’intimidation de la part des soutiens inconditionnels de la politique du gouvernement de l’Etat d’Israël. C’est au nom de la liberté, de la paix, de l’égalité et de la justice que nous soutenons l’appel international BDS.

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