Communiqué de presse

Travailleurs migrants : inverser les logiques discriminatoires qui prévalent depuis 40 ans Le

Le syndicat ACV-CSC et l’ONG Solidarité Mondiale-Wereldsolidariteit (WSM) seront présents côte à côte à Genève du 5 au 14 juin 2017 lors de la Conférence Internationale du Travail afin de porter un message de solidarité et d’engagement dans le but de rendre les migrations internationales de main-d’oeuvre plus humaines.

Cette année, la Conférence Internationale du Travail tiendra une commission spéciale sur la thématique des migrations de main-d’oeuvre. L’ACV-CSC et WSM participeront aux débats et en profiteront pour délivrer un message en faveur de flux migratoires de main-d’oeuvre davantage respectueux des droits humains et mettant la justice sociale en avant. Des partenaires issus des syndicats et organisations de la société civile d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie nous accompagneront et exprimeront ainsi un regard international sur la problématique.
En effet, les migrations sont trop souvent vues comme des menaces. Or, de nombreuses études démontrent clairement qu’en plus de contribuer à extraire de la précarité nombre de personnes, les migrants favorisent le développement économique et social, que ce soit dans leur pays de destination par le paiement des impôts et des cotisations sociales, mais aussi dans leur pays d’origine par les envois de fonds et le renforcement de leurs compétences.
Notre appel sera donc clair et univoque : il faut absolument que les États développent des politiques migratoires plus humaines, ce qui implique d’inverser des logiques discriminatoires qui prévalent depuis 40 ans. Une nouvelle vision des migrations devrait se fonder selon trois principes fondamentaux :
 Le respect des droits fondamentaux et des lois internationales ;
 L’égalité et équité pour toutes et tous ;
 La solidarité, ce qui signifie donner la priorité aux plus vulnérables.

Les travailleurs migrants et travailleuses migrantes doivent avant tout bénéficier des mêmes droits que les travailleurs nationaux, y compris la liberté de choisir eux-mêmes un emploi convenable et de changer d’employeur à leur propre initiative, un droit qui est souvent violé, particulièrement dans les pays bordant le Golfe Persique-Arabe1. La non-discrimination est fortement ancrée dans le droit international. Pour se faire, les travailleurs migrants doivent pouvoir accéder à une information complète et fidèle sur leurs droits.
Les droits des travailleurs migrants sont clairement garantis dans les Conventions 97 et 143 de l’OIT ainsi que dans la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Au lieu de réviser ces instruments, nous encouragerons les États à ratifier ces conventions et l’OIT à mener des campagnes en ce sens.
Nous prenons note également de la déclaration finale du G7 tenu les 26 et 27 mai à Taormina, qui reconnaît que « les États partagent une responsabilité dans la gestion des flux migratoires, par la protection des réfugiés et des migrants, mais surtout des plus vulnérables, comme les femmes, adolescents, enfants et mineurs non-accompagnés ».

Témoignage d’un travailleur migrant philippin dans le golfe persique
« Mon nom est George Verzosa et je viens du sud des Philippines. Comme je ne trouvais pas d’emploi, j’ai été obligé de chercher du boulot à l’étranger. J’ai trouvé une agence qui m’a trouvé un travail en Arabie Saoudite, mais j’ai dû payer beaucoup de frais. J’ai lu le contrat et il m’a semblé correct, donc je l’ai signé. Quand je suis arrivé là, j’ai commencé à travailler dans un restaurant. Mais le contrat n’a pas été respecté. Ils ne m’octroyaient pas comme promis le salaire de base, ne me payaient pas les heures supplémentaires, je n’avais pas de jours de congés et les journées de travail étaient excessivement longues.
Avec mes collègues, nous avons décidé de parler avec notre employeur. Il nous a demandé de nous remettre au travail et a menacé de ne plus nous payer. Quelques jours plus tard, il m’a demandé de faire mes valises et j’ai été renvoyé aux Philippines, sans avoir droit au mois et demi de salaire auquel j’avais normalement droit ».

Témoignage recueilli par la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) international

En savoir plus :

  • Migrations de main-d’oeuvre : nouvelle donne et enjeux de gouvernance (Document du Bureau International du Travail, avril 2017)
  • Rapport 2016 de la Commission sur l’application des normes de l’OIT
  • Convention 97 de l’OIT sur les travailleurs migrants (révisée), 1949.
  • Convention 143 de l’OIT sur les travailleurs migrants (dispositions complémentaires), 1975.
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