Communiqué de presse

Il faut sauver (et redéployer) la sécurité sociale !

À la veille des élections cruciales de ce dimanche 26 mai, le Mouvement ouvrier chrétien tient à rappeler la priorité absolue que doit être la sauvegarde et le redéploiement de notre modèle de sécurité sociale.
En effet, la poursuite de la politique menée depuis quelques années par les gouvernements successifs signifierait le démantèlement de la sécurité sociale, la réduction du rôle des partenaires sociaux et de la santé dans sa gestion, une concertation sociale paralysée, de nouvelles diminutions des cotisations patronales, une réduction des droits et du degré de couverture qui rapprocherait notre sécu du modèle de l’assistance. Prolonger cette politique aurait pour conséquence de délégitimer le système au profit d’une privatisation de la couverture des risques non solidaire et beaucoup plus coûteuse pour les personnes.
Le MOC tient donc à rappeler ce qui devrait être une évidence pour toutes et tous : la sécurité sociale est un patrimoine commun conquis par le monde du travail pour sécuriser le parcours de vie de tout un chacun. Il est urgent de stopper la régression sociale actuelle et de redéployer notre sécurité sociale.
C’est pourquoi le MOC formule quelques propositions clés à l’attention du monde politique :
- Le relèvement des minima sociaux au seuil de risque de pauvreté ;
- La fin de la dégressivité accrue des allocations de chômage et de la limitation dans le temps à l’encontre des jeunes ;
- La suppression du statut de cohabitant·e, qui pénalise davantage les femmes ;
- La suppression des suppléments d’honoraires pour les hospitalisations en chambre individuelle ;
- Le retour de l’âge légal de la pension à 65 ans, en offrant des aménagements de fin de carrière qui permettent de sauvegarder la santé des travailleur·euse·s.
Pour ce faire, une véritable concertation sociale doit être renouée entre le gouvernement fédéral et les partenaires sociaux, dans le cadre de la gestion paritaire de chacune des branches actuelles de la sécurité sociale et de la gestion financière globale.
Aussi, un financement stable doit être restauré suivant des règles correctes de fixation des dotations. La sécurité sociale ne peut en effet servir de variable d’ajustement du budget de l’État. L’alternative consiste à retrouver le chemin d’une fiscalité plus juste en menant des réformes fiscales qui fassent contribuer l’ensemble des revenus de façon équitable au financement des fonctions collectives. Pour le MOC, les cotisations sociales doivent rester le mode de financement principal de la sécurité sociale dans son ensemble. Il s’agit donc de restaurer les taux de cotisations patronales d’avant taxshift et de restructurer les réductions préexistantes des cotisations patronales lorsqu’elles s’avèrent dispendieuses vu leur faible efficacité pour l’emploi. La solution passe notamment par un financement complémentaire et pérenne via une « cotisation sociale généralisée » (CSG) sur l’ensemble des revenus des particuliers et des entreprises, contribuant à rendre le financement plus équitable et plus favorable à l’emploi.
Pour le MOC, c’est à ces conditions qu’il est possible de redonner un élan à notre système de sécurité sociale, en lien avec les réflexions menées aujourd’hui autour d’un nouveau Pacte social et écologique. Sans quoi, les partis les plus à droite de l’échiquier politique n’hésiteront pas à oeuvrer à sa privatisation, ce qui signifierait la fin d’un modèle social et solidaire, socle de notre démocratie.

Ariane ESTENNE,
Présidente du MOC

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